mardi 5 juin 2012

Phoenix Wright Ace Attorney

Premier jeu de la série Ace Attorney, Phoenix Wright a une longue histoire. Initialement sorti en 2001 sur GBA, puis ressorti sur DS en 2005 avec un chapitre en plus, le jeu a finalement atterri sur iOS en 2009-2010. Jeu d'aventure/enquête, Phoenix Wright Ace Attorney propose d'incarner un avocat débutant. Chaque chapitre alterne des phases d'investigation et d'audience, chargeant le joueur de récupérer témoignages et pièces à conviction pour ensuite les utiliser au tribunal pour démonter les dépositions mensongères des témoins et faire acquitter le client. Ce portage de la version DS reprend les mêmes graphismes et animations, présentant de fait un air daté, le système pouvant faire beaucoup mieux. Le jeu se joue avec le téléphone vertical, double-écran DS oblige et l'interface a été un peu modifiée pour s'adapter à l'écran tactile. Le résultat est fonctionnel mais pas transcendant. Les séquences d'observation souffrent du manque de précision et l'obstruction visuelle causée par la présence d'un gros doigt qui cache le curseur (et la moitié de l'image par la même occasion). Au dela de ces problèmes propres à la conversion, l'interface du jeu accuse son âge. Faire quoique ce soit nécessite de naviguer dans plusieurs menus et le manque de raccourcis se fait très vite sentir. Bref, le jeu à plus de dix ans et cela se voit. Voila pour la forme. Sur le fond, le jeu souffre de quelques défauts très saillants, certains propres au jeu d'aventure, d'autre à mettre au compte de l'écriture. En effet, les puzzles et énigmes apparaissent parfois arbitraires ou illogiques, mais c'est le lot du genre. Par contre, ce jeu est aussi complètement linéaire. En fait, il est souvent nécessaire de revisiter certains lieux, sans raison particulière, pour déclencher un événement et faire avancer l'enquête. Même chose durant les audiences, certains témoignages ne peuvent être attaqués et un autre personnage intervient. Ce genre de deus ex machina permet de créer des rebondissements mais nuit au flot du jeu. On citera aussi les game over, apparaissant lorsque l'on commet trop d'erreurs durant une audience. Ils sont d'autant plus mal-à-propos qu'il est fréquent d'avoir compris quelle pièce soumettre, mais de le faire au mauvais moment. Malgré ces défauts, les enquêtes de Phoenix Wright restent amusantes. Le ton général est assez loufoque faute d'être fin (le détective s'appelle Dick Gumshoe...) et les situations sont souvent plus bizarres que dramatiques. De même, les témoins sont complètement à l'ouest pour la plupart (voire même non-humain). On oublie (trop?) vite qu'il s'agit de meurtres pour se concentrer sur les interrogatoires et passer les lieux au peigne fin. Les circonstances réelles de l'affaire se dévoilent peu à peu jusqu'aux aveux du véritable assassin, brisé à la barre des témoins par un Phoenix Wright triomphant (ou surpris). Dans l'ensemble, Phoenix Wright Ace Attorney rempli encore son cahier des charges. En dépit de ses limitations, il offre encore un bon moment au joueur grâce à son thème original et son humour potache.

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